Quelques jours après le départ de Florent et Mamie Loulou, Sylvain est parti en mission aux Salomons puis sur l’île de Santo et moi je suis partie pour une formation à Tokyo. Un grand merci à Papy et Mamicha d’avoir pris le relais pour s’occuper de nos trois lutins.
J’ai un peu étendu mon séjour au Japon. Je suis partie 6 jours avant le début de la formation et j’ai ainsi pu passer 3 jours à Kyoto et 3 jours à Tokyo.
J’avais promis d’envoyer à Sylvain un selfie chaque jour. Un exercice difficile pour moi car c’est très peu dans mes habitudes… Vous ne m’aurez rarement autant vue. Voici le résultat… Un avant-goût de ce que je vais détailler ci-dessous :
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Voici les selfies en retour 🙂
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Le périple commençait par une escale d’1 journée à Nouméa puis un vol vers Osaka. Une navette de l’aéroport (un mini-bus avec WifIi embarqué, pour moi venant du Vanuatu c’est l’hallu) me dépose 1 heure plus tard devant le logement que j’avais réservé. Les billets d’avion étaient payés par l’organisme qui gère notre Lycée mais les frais engendrés par ces 6 jours de tourisme étaient pour moi. J’avais donc réservé des hébergements à bas coûts. Vivre comme un backpacker à presque 40 ans c’est rigolo. J’avais réserver sur Airbnb une chambre de style japonais avec lit-futon et une table très basse le tout posés sur un tatami.
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J’ai déposé mes valises et je suis partie à la conquête des magnifiques temples de Kyoto. Cette ville a été le cœur du pays durant la majeure partie de l’histoire japonaise et elle conserve de superbes lieux : 17 sites inscrits au patrimoine mondial, plus de 1600 temples bouddhiques et environ 400 sanctuaires shintoïstes, Kyoto compte parmi les villes du monde au patrimoine culturel le plus riche. Quelques photos de l’itinéraire avant de rejoindre le temple. Première rencontre avec le monde nippon :
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Après avoir pris un bus, je m’attaque aux premières visites des temples. Petite déception, je n’arrive pas à mettre la main sur un magasin pour acheter bonnet et gants. Il commence à faire sacrément froid (autour de 0°C). Les gens sont très gentils dans le bus. Voyant que je suis touriste, ils cherchent absolument à m’aider. Enfin j’arrive au temple Nanzen-ji. Un vaste temple, doté d’une multitudes d’annexes. L’édifice princpal fût la villa de l’empereur Kameyama (après son abdication), avant de devenir, à sa mort, en &éç&, un temple bouddhique zen. C’est dans son temple, caché au détour de plusieurs édifices que je découvre mon premier jardin japonais. Celui-ci s’appelle jardin du tigre bondissant. C’est un délice de visiter un tel jardin, un délice que je renouvellerai au maximum. Même si janvier n’est pas la période idéale pur visiter un jardin, ils restent tous somptueux et procurent un sentiment apaisant très agréable.
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Puis je me suis dirigée vers un des restaurants aux abord du temple pour une pause déjeuner, une coupure du froid nécessaire. J’ai choisi le menu sur photo, n’ayant aucune idée de ce que je pouvais manger. En tout cas, c’était absolument délicieux. En sortant je lis quelques cartes pour repérer le trajet vers le temple suivant.
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Je me suis ensuite dirigée vers le temple bouddhique Eikan-dô ce qui signifie « Salle de la vue sur l’Éternité ». L’ensemble est niché dans la montagne (Higashiyama) . La plupart de ses bâtiments, dispersés parmi une série de hauteurs, sont reliés par des passerelles couvertes et des escaliers.
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Puis j’ai emprunté le chemin de la Philosophie (Tesugaku-no-Michi)
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J’ai grimpé une petite rue pour atteindre un autre temple caché à l’écart du chemin Tesugaku-no-Michi : Honen-in. Ce joli temple isolé dont les jardins ratissés avec soin se fondent dans la montagne boisée à l’arrière-plan fût érigé en 1680 et dédié à Hônen, le fondateur charismatique de l’école Jôdo.
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J’ai repris le chemin de la philosophie :
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Pour atteindre un dernier temple, très touristique celui-ci : Ginkaku-ji
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En sortant du temple, une petite pluie fine et glaciale tombe. Il faut que je me repère dans le quartier, que je détermine la ligne de bus adéquate et localise son arrêt. Je suis transie de froid. Hep, taxi ! Direction, le centre ville. Une très bonne idée, au 2e étage d’un bâtiment j’ai enfin trouvé un bonnet et des gants ! Je les ai payé une fortune mais ils étaient de très bonne qualité 🙂 Et maintenant, je visite le marché central de Nishiki pleins de couleurs et de marchandises toutes plus étonnantes les unes que les autres.
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Enfin, je me suis dirigée (en traversant un quartier du centre-ville) vers un quartier très ancien : Ponto-Cho, quartier traditionnel réservé aux plaisirs de la vie nocturne, l’un des cinq où exercent les geishas. J’y suis allée un peu trop tôt, mais la fatigue de la journée, le froid et les sacs que je portais ont eu raison de mon envie de connaître ce quartier animé. Je ne suis même pas sûre qu’un jeudi soir en plein hiver ce quartier s’anime…
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Puis retour en bus vers ma chambre, épuisée mais ravie de cette première journée de découvertes. Chaque jour de visites, à Kyoto et Tokyo, mon téléphone me signalera que je parcours entre 10 et 15 km.
Départ matinal sous un beau ciel bleu qui me permet d’accrocher un joli sourire à mes lèvres 🙂 Quelques photos extérieures de mon logement et de mon trajet vers le même arrêt de bus que la veille.
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J’arrive dans le sud du quartier Higashiyama. En sortant du bus, je rencontre un groupe de touristes assez varié. Nous ferons la visite du premier temple ensemble. Il y avait une française (bretonne, tiens donc !), deux espagnols, un suédois, une brésilienne et un allemand. Une compagnie très agréable. Le temple coloré de rouge se dresse en hauteur. En remontant la ruelle, nous le voyons apparaître majestueux et impressionnant. C’est le Kiyomizu-dera : Ce grand temple de Kyoto remonte à 798, bien que les bâtiments actuels ne datent que de la reconstruction de 1633. Il représente l’école Hossô, une école créée à Nara, qui survécut des siècles durant à toutes les intrigues ourdies par les école rivales de Kyoto. C’est aujourd’hui l’un des emblèmes majeurs de la ville. Il est donc très visité, notamment pendant les périodes touristiques du Japon, c’est à dire à l’automne (période des érables aux feuilles rouges) et au printemps (Saison des cerisiers en fleurs). Le pavillon principal comprend une immense véranda surplombant le flanc de la colline, supportée par des piliers de bois (une photo montrera cela). Juste au-dessous de cette grande salle coule la cascade Otowa-no-taki, dont on boit l’eau sacrée, supposée apporter longévité et bonne santé (il y aura aussi une photo de japonais buvant l’eau de cette cascade). L’enceinte comporte d’autres pavillons et sanctuaires. Dans le Jishu-jinja, le sanctuaire au-dessus du pavillon principal, vous pourrez, comme maints jeunes visiteurs, tenter de vous assurer l’amour en parcourant tout droit, les yeux fermés, les 18 m qui séparent une pierre d’une autre. Si vous n’arrivez pas pile sur la pierre en face, votre désir ne sera pas exaucé ! Ce temple propose quelques explications en anglais et cela fait vraiment plaisir.
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A la sortie de ce temple, le groupe de touristes avec lequel j’ai effectué la visite, souhaitait prendre un autre chemin que celui que j’avais prévu. Nous nous sommes séparés. J’étais heureuse d’avoir échangé nos points de vue de touristes sur le Japon, mais j’étais aussi contente de retrouver ma tranquillité. J’ai redescendu une ruelle pour gagner Samen-zaka, une ruelle très commerçante. Puis j’ai continué dans Ninen-zaka pour trouver Ishibei-kôji, une allée piétonne pittoresque, une des plus belles rues de Kyoto.
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Ensuite, j’ai continué la route jusque Ryozen – Kwan-on, un mémorial pour les japonais qui se sont sacrifiés lors de la dernière guerre (seconde guerre mondiale) pour l’établissement d’un Japon en paix. Cette statue en béton de Bodhisattva Avalokitesvara (Kwannon) mesure 24 m de haut. Il y a aussi un sanctuaire pour se recueillir, un mausolée avec des tablettes de noms.
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Je continue ma balade…
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Pour visiter ensuite deux parcs. Le 2e s’appelle Maruyama-kôen.
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Juste à côté du Maruyama-kôen, se trouve le sanctuaire Yasaka-jinja, un superbe sanctuaire :
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Quelques mètres plus loin, se trouve l’entrée du Chion-in, un immense temple de l’école de la Terre pure. C’est un des plus grands centres du bouddhisme japonais. En 1234, le Chion-in fût construit sur le site où le moine Hônen, l’une des plus célèbres figures du bouddhisme japonais, enseigna sa doctrine de la Terre pure (Jôdo), avant de mourir après s’être imposé le jeûne. Le San-mon, une porte colossale à 2 niveaux devingt-quatre mètres de hauteur et cinquante mètres de largeur, est le plus large portail en bois de l’archipel, arc d’entrée installé au sommet d’une cinquantaine de marches. Cette porte donne un aperçu de l’immensité de ce temple. En haut d’un escalier de pierre, au sud-est de la grande salle, se trouve la gigantesque cloche du temple. Fondue en 1633, elle pèse 70 tonnes; c’est la plus lourde du Japon. Les moines la frappent 108 fois le soir du 31 décembre pour annoncer la venue de la nouvelle année.
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Enfin, direction le dernier temple de la journée : Shôren-in. C’est un petit temple de l’école Tendai, avec un jardin magnifique et une belle bambouseraie.
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Après un succulent déjeuner à un prix très intéressant dans un petit restaurant, je me dirige vers la station de métro la plus proche. Direction le centre ville et le musée international du manga.
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Arrivée sur les lieux, l’entrée du musée n’est pas trop difficile à trouver. Et le musée est très agréable et explique bien l’univers manga. Une artiste très douée fera un dessin de moi , version manga 🙂
Ensuite j’ai repris le métro pour aller visiter le quartier Gion. Sur la rive est de la Kamo-gawa, Gionest le hanamachi (« ville-fleur », quartier où vivent et travaillent les geishas) le plus célèbre de la ville. Si l’architecture moderne, les rues encombrées de voitures et les vilaines façades des bars l’ont dépossédé de sa beauté, il y subsiste encore quelques jolis endroits qui ne manquent pas de charme à la tombée du jour. Dans ce quartier, Shimbashi est sans doute la plus belle rue de Kyoto. Puis retour, épuisée à ma chambre pour un repos bien mérité.
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3e et dernier jour à Kyoto. Je dois rejoindre Ben, Gaëlle et leur petit Schtroumph Ewen à la gare de Kyoto pour prendre un train pour Nara, à 30 minutes de Kyoto. Nara est la première capitale permanente dans l’histoire du Japon. Le Todai-ji, l’imposant temple qui abrite le Grand Bouddha, domine le Nara-kôen, un parc riche d’autres sites remarquables, où il fait bon se promener dans la verdure au milieu des daims domestiqués. Quelque 1200 daims vivent dans le parc. Considérés comme des messagers des dieux à l’époque prébouddhique, bénéficiant aujourd’hui du statut de trésors nationaux, ces animaux parcourent nonchalamment le parc et ses environs en quête de friandises offertes par les visiteurs, et n’hésitent pas à s’approcher des personnes munies de nourriture. Des étals vendent des shikasembei (biscuits pour daims).
Sans le savoir, nous nous trouvions à Nara pour le festival annuel. Le dernier samedi du mois de janvier, le mont Wakakusa s’embrase pour le festival Yamayaki, célébration de légendaires conflits du XVIIIe siècle… ou de coutumes plus pittoresques. A partir de 17h, une procession chargée d’enflammer le mont Wakakusa quitte le sanctuaire Kasuga Taisha. Munis du feu sacré, les participants traversent le Nara-koen pour parvenir, une demi-heure plus tard environ, au pied de la colline. Un premier feu d’artifice illumine le ciel de Nara, préambule à une autre illumination, spectaculaire et chargée de symboles. Les flammes s’apprêtent à dévorer la colline… tandis que les pompiers locaux se tiennent sur leurs gardes.
A l’origine de l’embrasement du Wakakusa, deux légendes. La première impliquerait les moines du Todaiji et du Kofukuji, protagonistes d’un conflit marquant sur la démarcation entre les deux célèbres temples. La montagne, au centre des passions, aurait été brûlée dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle pour mettre fin à la querelle. La seconde met en scène des acteurs tout aussi belliqueux, ours et insectes qui, considérés comme une menace pour Nara, se voyaient refouler aux portes de la ville par d’immenses feux ! Plus de traces aujourd’hui d’animaux, mais les moines, eux, sont toujours là. Peu après dix-huit heures, place au spectacle qui réchauffe Nara et embrase le ciel tandis que l’odeur d’herbe brûlée se répand partout, et que dans la ville se font entendre de nouveaux feux d’artifice.
Nous avons assisté à la procession. Mais crevés, transis de froid et sceptiques quant à la pluie fine qui tombait, nous sommes rentrés sur Kyoto par le train sans assister à ces célébrations qui s’annonçaient longues considérant notre état de fatigue.
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Quelques photos sur le chemin entre la gare de Kyoto et mon logement :
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4e jour de visite au Japon, je prends le train pour Tokyo. Cela vous sera raconté dans un prochain article. Sayonara ! Voici ma dernière photo prise à Kyoto : Sacrées installations électriques !
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J’ai adoré faire ce voyage virtuel grâce à ton reportage. Moments pleins de « zénitude ». Quels merveilleux temples ! Ces petits ponts, ces petites ruelles, ces kimonos, ces jardins tout cela m’a passionné et fait rêver. Ces bouddhas immenses, toute cette architecture en bois.
Ces plats font saliver et donnent envie. Je connais des enfants qui rêveraient de voir ces mangas, moi qui fréquente les bibliothèques pour les emprunter avec ma petite fille.
Tu as eu donc bien de la chance de profiter de ces quelques jours pour te remplir les yeux et la mémoire de toutes ces merveilles.
Sayonara