Développement mais comment ?

Ce dimanche matin Claire m’a proposé de passer une partie de la matinée et le déjeuner sur la plage d’Erakor. Erakor est un îlot situé en face de l’hôtel le Lagon (si vous avez suivi les histoires vous savez qu’on profite des piscines de l’hôtel).  Sylvain est parti sur Ambrym de nouveau hier matin et l’idée de sortir de chez moi m’enchantait totalement. Miguel est donc passé nous prendre et nous avons filé sur à l’embarcadère d’Erakor. Une grande barque nous emmène en face sur l’ilôt. N’ayant pas d’appareil (il est à Ambrym car Monsieur doit vous ramener de belles photos 🙂 ) Je vous mets des photos trouvées sur le web assez réalistes.

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Nous y avons rejoint des amis de Claire et Miguel : Kendra et Fred, Miranda et ses deux fils Atticus 4 ans et Paco 9 mois, Angie et ses 2 enfants Pierre 2 ans et Caïna 2 mois. Cela faisait une belle bande de lutins qui ont joué dans le sable et dans l’eau. Comme c’est un lagon la mer est calme et reste peu profonde longtemps, idéale pour les loulous. Mais ce matin je devais être une friandise car de petits poissons noirs et blancs n’avaient de cesse de me mordiller fesses et jambes ! Grr ! D’un point de vue jolie plage oui on était servis mais perso gérer 2 p’tits loups toute seule c’est du sport. Allez on met le maillot de bain, on va dans l’eau, ah mais pourquoi tu pleures toi ? ok bras maman, toi aussi ? allez venez tous les 2, mais arrêtez de vous taper dessus… Allez on enlève le maillot de bain, pipi ? ah zut là dans l’herbe … Allez on mange, maman magera après … Si elle en a la force 😉 Pas une seconde à moi. Allez avec de telles photos fallait bien que je me plaigne sinon vous allez croire que c’est vraiment le paradis et on va subir une invasion d’ici peu LOL. On a mangé au restaurant de l’île car le dimanche midi ils proposent un buffet-barbecue à volonté et à un prix très bas (1800 VT) comparé au reste de la carte. D’ailleurs cela me rappelle une discussion de ce matin où Claire disait que lorsqu’elle est arrivée au Vanuatu il y a un peu plus de 3 ans, le prix des plats dans les restos excédait rarement 2000 VT (13€) et aujourd’hui c’est presque le minimum :'(

Et oui le Vanuatu change. Par exemple depuis 2-3 ans la circulation a augmenté. De plus en plus de voitures circulent à Port Vila et certains jours il y a même des embouteillages dans la rue principale. Bien souvent parce qu’une voiture ou un bus roule à 2 à l’heure sans se rendre compte de la gêne occasionnée. Mais personne ne klaxonne, ah si pour faire signe à quelqu’un qu’ils connaissent 🙂 L’entretien des voitures n’est pas une chose évidente. Les véhiculent rejettent beaucoup de fumées noires sans que personne n’ait à redire. Particulièrmenent les bus. Se pose la condition de la sécurité routière … En tout cas si le nombre de véhicules augmente encore significativement il va falloir prendre des mesures telles que : avoir un signalement correct sur les routes (et pas des panneaux une fois sur 2, à tel point qu’à de nombreux carrefours je ne sais pas qui est prioritaire …) entretenir les routes (ne pas laisser un arbre couché sur les 3/4 de la route pendant 2 jours après une tempête) Inciter au port des ceintures de sécurité, limiter la vitesse (même si elle est globalement peu élevée, nous dépassons rarement le 50) etc … Et sauront-ils le faire avant que cela ne devienne dangereux. De même beaucoup de personnes marchent pour se déplacer faute de pouvoir payer un véhicule (très cher ici) et ils sont nombreux sur les bords de route peu larges à marcher de jour comme de nuit. Il faut toujours être vigilant en tant que conducteur. Et là la question qui me taraude depuis mon arrivée … Le Vanuatu est clairement un pays en voie de développement. Faut-il souhaiter ce développement, sous quelle forme, et quel développement. On est venu ici pour échapper à cette vie à l’occidentale pour une vie plus simple et saine. Cependant le Vanuatu réclame son développement et c’est normal. Même certains expat’ le souhaitent aussi ardemment. Miguel qui est martiniquais me disait qu’il a vécu la situation des 2 côtés. En tant que Martiniquais il a vu le côté des ‘colonisés’ et ici il se sent ‘colonisateur’. Dans le sens où en arrivant ici on sait qu’on a globalement plus d’argent que les Nivans et les blancs ont tendance à mener économiquement la danse … Les australiens sont détaxés s’ils créent un business dans un pays en voie de développement car cela est considéré comme une aide au pays. Le Vanuatu étant un paradis fiscal les taxes sont peu nombreuses. Les australiens ont vite compris l’intérêt pour eux de démarrer un business ici. Sans pour autant en faire bénéficier les locaux. Mais les nivans ont-ils besoin d’une vie où tout va plus vite ? En discutant avec Miguel il me dit que cela fait 3 ans qu’il se pose la question du développement au Vanuatu. Pourquoi leur demander de le faire bien cad de manière juste et écologique alors que nous n’avons pas su le faire dans nos pays ? C’est à nous de les aider à le faire bien. Mais aujourd’hui la plupart des blancs ici ne pensent qu’à leur profit avant de penser au bien du pays. C’est une discussion qui pourrait durer des heures et je vous fais partager mes premières pensées sur la question … Pendant que les loulous font la sieste j’avais le choix entre corriger des copies, mais mon feutre rouge est en panne sèche sans vouloir trouver d’excuse à la sauce de mes élèves 😉 ou vous écrire mes réflexions. Etant donné que Sylvain n’est pas là pour papoter … Je vous saoule de mes mots, mais de toute façon j’ai de plus en plus envie de vous parler de la vie ici, vous expliquer (de mon point de vue c’est sûr) à quoi ressemble ce magnifique pays. Les bons et les mauvais côtés … Un bébé pleure, je vous quitte. A bientôt pour d’autres pensées !

3 réponses sur “Développement mais comment ?”

  1. Merci pour les nouvelles. Comme tu as raison il faut vraiment protéger le pays. Il ne faut pas que cela fasse comme la MARTINIQUE,la GUADELOUPE et surtout les SECHELLES. Un pays aussi merveilleux que la VANUATU. Mon rêve et de vivre là bas. Pourquoi pas. Peut être un jour !!!!
    Et non tu nous saoule pas (pour moi en tte cas) bien au contraire. Tu nous fais prendre conscience que la France n’a plus de valeur au niveau climatique mais surtout socialement. Bisous à vous 4 .Christiane

  2. Evidemment 2 philosophies s’opposent et tu poses parfaitement le problème. Néanmoins il apparaît de plus en plus difficile dans un phénomène de développement du pays d’apporter des améliorations sans entraîner le lot des côtés négatifs et il est évident que le paradis fiscal, et les détaxes attirent une faune qui n’est pas nécessairement inspiré par le bien être des autochtones.

  3. Coucou les p’tits Todman !
    Ravie d’avoir de vos nouvelles. Ravie de savoir que vous allez tous les 4 très bien.
    Je comprends tout à fait tes questionnements, ta réflexion à propos du dvpt. Moi aussi, je me suis posée les mêmes questions. Est-ce à nous d’apporter les réponses ? C’est là que cela me semble super important de partager nos expériences, notre vécu, notre ressenti. Idéalement, il faudrait qu’ils puissent venir voir pour vraiment comprendre ce qu’on leur dit. Est-ce réaliste ?
    Pas simple tout cela.
    C’est normal que le Vanuatu cherche à se développer mais comme tu dis, est-ce pour un mieux ? En tout cas, difficile de décider pour eux… même si on aimerait les préserver, préserver cette belle nature.
    Ce qui me semble important, c’est essayer au maximum de s’intégrer, de se comprendre et là, les échanges seront riches et j’espère, porteur de « bon » développement.

    Tu connais ma sensibilité sur ce sujet. Impossible de ne pas réagir !

    En tout cas, plein de bises à tous les 4, et un grand grand merci pour les nouvelles. On pense bien à vous !
    Sandrine

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