De retour d’Ambrym

Me voilà de retour d’Ambrym (oui bon c’était la semaine dernière mais on a un décalage horaire de folie ici). Le voyage commence, comme toujours quand on va dans les iles hors de Vate (ou Efate), par une première épreuve qui est le check-in pour les lignes intérieures. Vous vous retrouvez à enregistrer vos bagages entre des cochons, des poules, des crabes, des plantes … C’est une part important du fret aérien. Quand arrive votre tour vous passez vos bagages ensuite c’est à vous de passer sur la balance.

Air Vanuatu est très stricte sur les excédents de bagages. Une fois cette première épreuve terminée, en avant pour le voyage. Un Twin Otter d’environ 15 places s’envole et vous avez un joli son de moteur d’avion dans les oreilles pendant 1 heure. Mais la vue est magnifique d’en haut :). L’atterrissage est pas mal non plus, mis à part Tanna et Santo, les autres îles n’ont pas de pistes d’atterrissage en dur. Vous avez le choix entre atterrir sur une plage de sable blanc (Lamen Bay) ou dans un champ (Erromango) ou même dans un terrain de cendres volcanique (Ambrym).

J’attendais l’atterrissage avec impatience, j’avais hâte de revoir mes amis d’Ambrym. A la descente d’avion, ils étaient presque tous là, comme si rien n’avait changé, ni les gens ni l’aéroport d’ailleurs. Je voyageais avec des scientifiques de Nouméa (IRD) qui devaient enlever un réseau de sismomètres en haut du volcan. Ensuite direction Lalinda, petit village au sud du volcan. Le soir, je n’échappe pas au kava. Je vous mettrai bientôt une petite vidéo de ce que peut être le kava et la cérémonie qui l’entoure.

Dimanche matin, en route pour le haut du volcan, 1000m de dénivelle … et là le choc, 3 ans d’inactivité et 5 kilos de plus on fait des dégâts, je n’ai jamais autant souffert. Mais encore une fois, arrivé en haut tout s’efface le spectacle est toujours aussi magnifique. Un cratère (en fait une caldeira vu la dimension) de 12 km de diamètre et planté au beau milieu, deux magnifiques volcans : Le Bembow et le Marum. On arrive au camp de base, au sud de la caldeira et on s’installe tranquillement. Je décide de suivre les gars de l’IRD pour démonter la 1e station l’après midi. La pluie commence à se faire sentir et sur le chemin du retour ce n’est plus une giboulée mais une pluie torrentielle. Les cours d’eau commencent à devenir des rivières et on a tous à l’esprit le camp de base (qui est inévitablement dans un cours d’eau dans la caldeira, il n’y a pas d’autres choix). En arrivant nos craintes étaient bien fondées, le camp est inondé et l’eau commence à passer sous les tentes … c’est parti pour 2 heures de creusage de digues, sous une pluie torrentielle. Le temps du reste du séjour suivra le modèle de ce dimanche, temps agréable le matin et pluies torrentielles l’après midi.

L’équipe de L’IRD continue son démontage (10 stations) et moi j’entreprends ma mission : Observation de l’activité du Bembow, du Marum et investigation du site pour la première station de surveillance permanente.

La semaine s’écoule tranquillement, je perds quelques kilos et je suis content de refaire un semblant de sport :). J’entreprends de descendre le vendredi matin pour prendre mon avion le samedi. Et là, l’heureuse surprise le jeudi, le Marum entre en éruption. Voici un bref résume de l’épisode. Le matin je démonte les cordes installées pour descendre dans le Bembow et donc je me retrouve seul au camp alors que l’équipe de l’IRD était près du Marum pour enlever une des dernières stations (située à même pas 200m du cratère du Marum). Au camp j’entends une explosion phénoménale, je sors pour voir et là un panache d’environ 2km de haut. Je me réjouis 20 secondes et là, révélation sur la position de l’équipe de l’IRD, guide et membres de mon équipe qui sont partis avec eux. Je retourne au camp, prend mon équipement et fonce vers le volcan. Il est environ 3h de l’après midi et la nuit va bientôt tomber, je ne vous explique pas le stress. Au bout d’une heure et demie, je vois l’équipe sortir du brouillard au pied du Marum avec l’équipement de la station désinstallé. Je leur demande si ils ont vu quelque chose et me disent qu’ils ont entre aperçu le panache mais qu’ils étaient dans le brouillard. Ils ont eu de la chance, le vent d’Est a complètement bloqué le panache pour le jeter de l’autre côté du cratère … bref une belle aventure.

Le vendredi matin, départ pour Lalinda sous une pluie torrentielle. Je profite du temps qu’il me reste pour investiguer les conséquences de l’éruption au près des villages de la côté Ouest (prélévement d’eau, de cendres et photos des jardins endommagés par les pluies acides et les pluies de cendres). Samedi retour vers Vila avec comme toujours lors d’un voyage dans les îles, un sac à dos plein d’affaires puantes, sales, humides et pleines de cendres … Je suis heureux de retrouver la petite famille, ça fait long une semaine sans les voir.

Voilà une première belle aventure dans les îles. Vivement la suivante.

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Une réponse sur “De retour d’Ambrym”

  1. Nom d’une pipe en bois : que d’aventures !!! Quand je pense que pendant ce temps on est tranquille dans nos canapés ! T’es bien parti pour faire concurrence à Indiana Jones toi ! Allez amuse toi bien.

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