Votre journaliste, envoyée spéciale au Vanuatu 😉 a enfin pu se rendre elle-même sur les terres d’Ambrym pour vous révéler dans tous les détails les mystères de cette île fantastique et de son volcan majestueux. Profitant d’une mission de Sylvain qui a eu lieu pendant les vacances scolaires (le début de la mission tout au moins) je me suis envolée avec lui pour enfin voir de mes yeux propres ce qui l’emerveille tant sur cette île, berceau de la magie noire, mère des tam-tam scupltés et des dessins sur sable. Le départ a eu lieu le mardi 2 août de l’aéroport de Port Vila à bord d’un petit avion pour une escale sur l’île de Mallicollo à Norsup (au nord de l’île). Après une visite de la petite capitale de l’île, Lakatoro, pour prendre un repas au marché nous reprenons l’avion à destination de Craig Cove, Ambrym.
Décollage de Port Vila
Atterrissage sur l’herbe à Craig Cove
Nous passons la première nuit à Meltungan (il faut prononcer Meltouwan). Le village qui accueille Sylvain depuis près de 8 ans et qui le considère comme un des leurs. Sylvain me présente à tout le monde. Pour l’occasion un cochon a été tué et les femmes ont préparé un lap-lap (plat traditionnel à base de manioc, igname, banane ou kumala cuits a l’étouffée dans de grandes feuilles de bananes) Mais avant le repas, nous est servi un kava dans le nakamal. Le kava, je pense vous en avoir déjà parlé. C’est une boisson à base de racine de plantes (kava) qui a un aspect boueux et un goût fort et terreux. Son effet varie chez les personnes mais souvent on ressent un bien-être général, les lèvres semblent un peu anesthésiées. Dans les îles, le nakamal ne désigne pas la même chose qu’à Port Vila. En ville, un nakamal est un endroit où on achète et consomme du kava. Dans les villages le nakamal est une grande maison dont l’accès est interdit aux femmes, une exception est faite pour les blanches. Il sert à tenir des conseils pour prendre des décisions relatives à la vie communautaire et c’est aussi un lieu pour déguster le kava. Et c’est ce qu’on nous a proposé. Je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de boire du kava depuis que nous sommes au Vanuatu … Et là, on me sert un shell, ainsi qu’à Sylvain et au chef du village, Philippe. Tous les autres (hommes, donc) nous regardent … Bon bah là … Pas le choix, il faut tout boire d’un coup … Le goût de ce kava était presque agréable ! On finirait par apprécier ce breuvage 😉 Les effets je les ai aussi ressentis … Je me sentais vraiment bien. On a mangé le cochon grillé et le lap-lap … Là j’ai été un peu moins brave. J’ai du mal à apprécier ce plat, mais d’autres ce sont chargés de le finir à une vitesse impressionnante. Après une bonne nuit de sommeil, nous attendions l’arrivée par l’avion de deux collègues de Sylvain : Athanas et Janvion, ainsi que deux nouveaux amis : David et Sylvie, nouveaux instit’ de maternelle qui vont commencer à la rentrée des vacances pour remplacer Solenn et Brigitte. Une bonne façon de faire plus ample connaissance ! En attendant J’ai joué la touriste dans le village et Sylvain a passé du bon temps avec tous.
Lorsque tout le monde est arrivé, nous avons entamé la montée vers la caldeira. 3h30 pour monter, c’est plutôt correct. Nous étions un peu chargés. Pour ma part je portais environ 7 kg. Il fallait monter les tentes et autres affaires pour dormir et manger la-haut. Nous avons atteint le camp juste avant la nuit.
Voici des photos de notre vie là-haut (à peine 1000m d’altitude). Nous y sommes restés 3 nuits (Sylvain et son équipe y sont encore à l’heure où j’écris). Ce qui ne me manquera pas … Le feu et le froid. Il ne faisait pas bien chaud alors pour se réchauffer et pour cuisiner, la bonne idée c’est le feu … Mais en fait pas tant que ça … Le feu ça parait être le cliché classique et sympa des soirées où on passe de bons moments à se raconter des histoires … En fait le feu dégage une telle fumée, que ca prend la gorge et fait pleurer sans arrêt! Avoir froid ou se faire aggresser par la fumée, tel fut notre dilemme à nous ‘white man’ … Les ‘black man’ sont bien plus habitués que nous à cette façon de cuisiner !
Ce qui me manquera ? Le rougeoiement à la nuit tombée des 2 volcans qu’on peut admirer une tasse de café chaud à la main assis près de notre camp. Un moment calme, puissant et unique !
Une des premières missions : trouver du bois pour le feu.
Nous avons une chance incroyable, le temps est exceptionnellement beau ! Soleil, ciel bleu, peu de nuages, des conditions parfaites. Dès le premier matin nous avançons vers le sommet du Marum. Il y a 3 bouches qui sont nommées par les villageois d’Ambrym comme le petit-fils, le Niri M’Bwelesu pour la plus petite bouche et la dernière apparue, puis le fils, le Mamben Bwelesu, pour la bouche suivante et enfin la maman, le Bwelesu, pour la bouche initiale. L’autre volcan à côté, le Benbow, étant le père. Alors le verra-t-on ce magnifique lac de lave dans la bouche principale du Marum ? Oui et en plus il est super actif. 200m de diamètre pour ce lac bouillonnant. Un vrai régal, magique ! On l’admirerait pendant des heures !! Malheureusement David souffre de vertige, mais il a quand même réussi à contempler la merveille … Certes pas très longtemps !
Au retour nous sommes passés à la station qui se situe dans la caldeira avant de rentrer au camp.
Le second jour nous avons été voir le papa : Le Benbow. Nous avions vu de loin que l’activité y était faible et nous n’avions pas avec nous le matériel pour descendre dans le cratère, donc ce volcan nous aura livré un spectacle moins marquant que son voisin.
Sylvain et trois de ses collègues, se sont rendus pendant ce temps sur une colline de l’autre côté de la caldeira. C’est le point culminant et ils souhaitent y installer un mât pour fixer une antenne afin de permettre la transmission de données en temps réel et notament des images vidéo ! Cette petite montagne n’avait jamais été gravie, ou alors il y a bien longtemps, mais il semblerait qu’au milieu de cette brousse ils aient dégagé un carré pour faire leur travail. J’avoue j’ai été admirative de leur détermination et de leur réussite ! J’ai aussi été surprise de la notoriété de Sylvain dans le sud et ouest Ambrym. Quand je disais : Je suis la femme de Sylvain, tout de suite les yeux s’éclairaient, le sourire se dessinait sur le visage … Je n’avais plus de prénom que ‘wife blong Sylvain’ (la femme de Sylvain) Et les compliments sur l’homme en question ne cessaient de pleuvoir !
La veille de prendre l’avion, nous sommes descendus vers le village de Lalinda. Nous nous sommes ensuite rendus au village de Sesivy. Des sources chaudes y rechauffent le bord de mer et ce fut un régal de s’y baigner ! Puis nous avons dormi à Craig Cove juste à côté de l’aéroport pour ne pas rater l’avion matinal du lendemain qui nous ramenait à Vila via Norsup.
